Le guide alimentaire 2019 de Santé Canada

Le guide alimentaire canadien propose un ensemble de recommandations pour améliorer la nutrition de la population

Ce mois de janvier 2019, Santé Canada a publié un guide de recommandations en matière d’alimentation. Il s’agit d’un ensemble de lignes directrices, qui affiche l’ambition d’aider à maintenir et à améliorer l’état de santé global de la population canadienne.


Il est intéressant de soulever le fait que ces recommandations sont basées sur l’expertise de nutritionnistes, d’universitaires et de chercheurs en matière de santé et de nutrition.


Elles se distinguent en ce sens de nombreuses recommandations en apparence similaires, éditées et/ou financées par des lobbies de l’industrie alimentaire, dont les intérêts financiers s’éloignent quelque peu de l’état de santé de la population.


Où trouver les recommandations alimentaires de Santé Canada ?

Les recommandations sont téléchargeables gratuitement et déclinées sous la forme de différents supports pour satisfaire un lectorat large. Le guide complet, destiné aux experts du secteur, comporte soixante-douze pages. C’est la lecture de ce document qui m’a incité à rédiger cet article, dans le but d’analyser et de résumer les différents points abordés.


Le mode alimentaire recommandé

La première section du document regroupe un ensemble de recommandations de base.

Les fruits et les légumes d’abord !

Santé Canada recommande un mode alimentaire qui fait la part belle aux fruits et légumes. Ces derniers sont en effet à la fois riches en micronutriments, en fibres et en antioxydants. Les valeurs nutritives élevées des fruits, et surtout des légumes, sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

Des protéines, oui, mais végétales

Les légumineuses (lentilles, haricots ...) sont riches en protéines végétales

Le document met aussi l’accent sur la consommation d’aliments protéinés. En France, les apports en protéines sont rarement insuffisants. Cependant, le point le plus intéressant ici est que Santé Canada recommande de privilégier les protéines d’origine végétale. Ces dernières se trouvent être nettement moins acidifiantes pour l’organisme que les protéines animales, et l’impact environnemental de leur production est également beaucoup plus faible. On les trouve notamment dans les légumineuses, les céréales, les oléagineux.

Des aliments complets

Les recommandations suggèrent de privilégier les céréales complètes, plutôt que les céréales raffinées. Les intérêts sont multiples : les grains entiers sont plus riches en micronutriments, ils contiennent des fibres nécessaires à la régulation du transit intestinal, et leur index glycémique est globalement plus bas.

Le (bon) gras, c’est la vie

Les lipides, c’est à dire les graisses, sont à l’honneur et sont listées parmi les recommandations principales. Les anciens dogmes selon lesquels les graisses seraient néfastes commencent à disparaître, et c’est une très bonne chose. Santé Canada remet en question la qualité des graisses plutôt que leur quantité :


« Il ne s’agit pas de réduire la teneur en lipides totaux de l’alimentation, mais plutôt de favoriser une réduction de l’apport de lipides saturés tout en encourageant la consommation d’aliments qui contiennent surtout des lipides insaturés »1

Les boissons comptent aussi

Au niveau des boissons, il est ici recommandé de faire de l’eau sa boisson principale. Il faut préciser que dans le mode alimentaire canadien courant, proche des habitudes américaines, les sodas et autres boissons sucrées sont légion. Il n’est jamais vain de rappeler que la boisson à laquelle nous sommes physiologiquement adaptés est tout simplement l’eau.



Les aliments à éviter

La seconde section du document répertorie des classes d’aliments à éviter ou à limiter autant que possible. Ces aliments font partie du mode alimentaire canadien mais aussi européen.

Les aliments ultra-transformés

Les aliments transformés sont globalement déconseillés, en raison de leurs taux élevés en sucre, en sel, et en lipides saturés ou trans. Ce sont surtout les sucres ajoutés qui sont visés. Bien connus pour leur responsabilité dans des maladies civilisationnelles malheureusement très répandues de l’autre côté de l’Atlantique, comme l’obésité et le diabète de type 2, les sucres ajoutés sont à éviter autant que possible.

Le sucre et les sucreries

De manière plus générale, la consommation de sucreries devrait rester très modérée, pour ne pas dire exceptionnelle. Santé Canada ajoute qu’il est préférable d’éviter aussi les édulcorants.


L’importance des compétences alimentaires

La troisième section est dédiée aux compétences alimentaires. Elle attire l’attention sur l’importance d’éduquer la population à comprendre et maîtriser ses apports alimentaires.

Apprendre à faire à manger

Apprendre à cuisiner à partir d'aliments sains est essentiel pour améliorer son alimentation au quotidien

Le corollaire pour se défaire des aliments transformés est évidemment d’apprendre à cuisiner à partir d’aliments sains. Fort logiquement, Santé Canada encourage donc les démarches qui vont dans ce sens.


Par ailleurs, les habitudes sociales autour des prises alimentaires ont elles aussi leur importance, notamment pour ce qui est de l’éducation des enfants par rapport à la nourriture.


Les enfants apprennent de leurs aînés par mimétisme ; l’instauration de repas pris à heures fixes, en famille et dans un climat positif ne peut que faire tendre les enfants vers de meilleurs comportements alimentaires.

Se méfier du marketing

Santé Canada démontre son indépendance par rapport aux lobbies de l'industrie agroalimentaire en recommandant de faire attention à ne pas tomber dans les pièges du marketing, dont usent les pourvoyeurs de produits ultra-transformés.

Apprendre à lire les étiquettes

Au Canada comme en France, les étiquettes des aliments se révèlent être plus souvent une source de confusion que d’information. Santé Canada recommande d’apprendre à utiliser les tableaux d’analyse nutritionnelle pour choisir ses aliments de manière consciente et éclairée.

La sensibilisation et l’éducation de la population à la nutrition

On constate une prise de conscience progressive de la population concernant l’importance de l’alimentation pour la santé. Les documents comme les recommandations de Santé Canada démontrent aussi que ces préoccupations prennent de l’importance à tous les niveaux.


L’éducation de la population par rapport à la nutrition est primordiale. Il s’agit là de sensibiliser, mais aussi de démêler le vrai du faux pour apporter une réelle augmentation des compétences alimentaires du grand public. Les nutritionnistes et autres professionnels du secteur ont évidemment un énorme rôle à jouer pour cela. C’est dans cette optique que j’ai fait le choix de m’impliquer dans les cours et conférences à destination d’un large public.


Mon avis sur les recommandations canadiennes

Pour conclure sur ce document proposé par Santé Canada, il me semble important de rappeler que le mode alimentaire occidental tend à s’uniformiser. Les habitudes alimentaires en Europe se rapprochent dangereusement du modèle américain. Il suffit d'observer les statistiques au sujet de la prévalence de maladies comme l'obésité et le diabète de type 2, pour réaliser que ce chemin n’est tout simplement pas le bon.


Les récentes recommandations de Santé Canada s’adressent bien sûr à la population canadienne, mais sont pour l’essentiel transposables à l’ensemble de la population occidentale.


Il s’agit là de recommandations sérieuses et documentées, qui mettent réellement en avant le bénéfice de la population en terme de santé, plutôt que les intérêts de l’industrie agroalimentaire, ce qui est malheureusement plutôt rare. Je salue donc le travail de Santé Canada et des différents intervenants pour la réalisation de ces travaux.

Dernière mise à jour : 25/05/2019

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Laurent Berta, nutritionniste
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