Equilibre acidobasique : la régulation du pH tissulaire

L'alimentation fait partie des facteurs qui influent sur l'équilibre acide-base

Lorsqu'on parle d'équilibre acidobasique, il est en fait question du pH tissulaire. Le pH tissulaire correspond au niveau d'acidité du terrain, c'est à dire du milieu dans lequel se trouvent les cellules de l'organisme.


De nombreux facteurs influent en permanence sur l'acidité du terrain. Le pH tissulaire doit pourtant demeurer assez stable, et rester entre 7,35 et 7,45 pour permettre aux enzymes d'exercer pleinement leurs actions. L'organisme doit donc recourir à plusieurs mécanismes de régulation.


Régulation de l'acidité par système tampon chimique

Le système tampon chimique consiste en une simple neutralisation des acides par des bases. Un acide combiné à une base forme un sel neutre. L'organisme utilise pour cela des minéraux alcalins issus de l'alimentation.


« Les minéraux alcalins utilisés par le corps pour neutraliser les acides sont le calcium, le sodium, le potassium, le magnésium, le cuivre, le fer, le manganèse, etc. »1


Dans le cas d'une importante sollicitation de ce mécanisme de tampon chimique, les minéraux devront être puisés dans les réserves de l'organisme.


Evacuation de l'acidité en excès par les émonctoires

Les émonctoires que sont les poumons, les reins et la peau permettent d'évacuer une partie de l'acidité, caractérisée par la concentration en ions H+. Pour cela, l'organisme dispose d'un système tampon ouvert utilisé pour évacuer les acides volatils : le tampon bicarbonate / acide carbonique.


« La réaction suivante est déplacée vers la droite et aboutit à la formation de CO2 :

HCO3- + H+ ⇒ H2O + CO2

Le CO2 produit est éliminé par les poumons, reflétant ainsi le caractère ouvert de ce tampon. Cette élimination du CO2 produit confère l'efficacité au système bicarbonate/acide carbonique. »2


Les reins évacuent les acides non volatils sous formes d'ions ammonium (NH4+), formés par la capture d'ions H+ par l'ammoniac (NH3) synthétisé à partir de la glutamine dans le tube proximal, et dans une moindre mesure sous forme d'acidité titrable articulée autour des phosphates (couple HPO42 /H2PO4). En parallèle de cette excrétion de l'acidité, les reins se chargent de réabsorber et régénérer les bicarbonates (HCO3-), qui pourront à nouveau intervenir dans le mécanisme de captation des ions hydrogène.


La peau peut évacuer les acides par les glandes sudoripares (ou glandes sudorales) du derme, qui produisent la sueur. Les capacités d'excrétion de la peau sont cependant limitées.


Comment mesurer son équilibre acidobasique

La mesure de l'acidité s'effectue au moyen de réactifs colorés

Il est possible d'évaluer le pH tissulaire de manière indirecte, en mesurant le pH des urines. Après le réveil, la première miction n'est pas significative puisqu'elle correspond à l'évacuation de l'ensemble des déchets traités pendant la nuit. Il convient donc de prendre la mesure du pH urinaire à partir de la deuxième miction, puis à midi et le soir pour évaluer l'évolution du pH.


Les reins étant sollicités pour évacuer les acides, une urine acide laisse entrevoir une acidité excessive du terrain. Le pH urinaire normal se situe entre 7 et 7,5 et une valeur inférieure indique donc un excès d'acidité (et inversement).


Le test du pH est réalisé en déposant une goutte d'urine sur du papier tournesol. La valeur du pH est obtenue en comparant la couleur que prend le papier à une échelle étalonnée des couleurs correspondant aux différents pH. Le même test peut être réalisé avec la salive, dont le pH normal est de 7,1.

Dernière mise à jour : 19/12/2018

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