Les effets sur la santé des additifs alimentaires

De nombreux additifs alimentaires sont utilisés à titre de colorants

Les additifs alimentaires sont utilisés par l'homme depuis l'antiquité. C'est le cas par exemple du sel et du vinaigre, employés pour conserver les aliments, ou encore de l'extrait de paprika utilisé à titre de colorant.


Depuis l'industrialisation de la filière agroalimentaire, les additifs sont employés par centaines et dans toutes sortes de produits. Ils constituent un moyen économique pour l'industrie de façonner les aliments à loisir.


Les additifs issus de sources naturelles cohabitent avec les additifs artificiels, synthétisés par l'industrie chimique ; toutefois la quête permanente des coûts de fabrication les plus bas favorise le choix des additifs de synthèse.


Autorisation des additifs alimentaires

En Europe, l'autorisation des additifs alimentaires pour les états membres est soumise à une liste positive. Les nouveaux additifs sont donc interdits par défaut, puis ajoutés sur la liste une fois que leur innocuité a été montrée aux doses indiquées. Cette fameuse liste s'allonge d'années en années et compte aujourd'hui plusieurs centaines de substances. Pourtant, de nombreux additifs se trouvent au cœur de sérieuses controverses.


« de plus en plus d'ouvrages et de spécialistes de la santé dénoncent la toxicité d'un grand nombre d'additifs alimentaires qui tout en étant autorisés, sont souvent dangereux pour notre santé, peu testés mais très utiles pour les industriels. Un grand nombre de ces additifs sont chimiques et rajoutés intentionnellement par les industries agroalimentaires. »1


Les effets sur la santé des additifs alimentaires

En raison de la quantité et de la diversité des additifs présents dans l'alimentation, il peut être très difficile d'établir le lien entre un problème de santé et les additifs, et d'isoler la substance responsable d'un problème de santé particulier.


Certains additifs sont reconnus comme potentiellement cancérigènes. C'est le cas par exemple du colorant de synthèse « bleu patenté V » E141, ou encore des conservateurs dérivés du benzène E210 à E219.


De nombreux autres effets délétères sont rapportés. Parmi les plus courants, communs à de nombreux additifs, on compte notamment : les allergies, l'hyperactivité, l'asthme, les insomnies, les troubles digestifs, les troubles neurologiques, les rhinites, les atteintes à un organe en particulier comme le foie ou les reins. Certains additifs sont même fortement suspectés d'être mutagènes, et de favoriser les malformations congénitales.


Les enfants en première ligne

Les enfants sont particulièrement impactés par les additifs alimentaires

Les enfants sont particulièrement concernés, dans la mesure où ils tendent à consommer des quantités d'additifs élevées en regard de leur masse corporelle.


Les cas d'hyperactivité sont légion, et plusieurs études établissent un lien direct avec les colorants alimentaires artificiels2,3,4. Les allergies sont elles aussi nombreuses, avec parfois des conséquences très graves. D'autres populations, comme les femmes enceintes ou allaitantes, courent un risque particulièrement élevé.


Des doses incontrôlables

En dépit de quantités maximales spécifiées par la réglementation européenne, les quantités d'additifs effectivement consommés sont incontrôlables. Certains additifs sont massivement employés et entrent dans la composition de produits très variés ; il est donc impossible de prédire que les consommateurs ne dépasseront pas les limites de dosage.


Effets cumulatifs et augmentation des risques

Le cumul de l'exposition aux additifs pose également problème. En effet, les consommateurs ingurgitent des additifs quotidiennement, et pas de manière ponctuelle. Comme dans le cas des pesticides ou du tabac, l'effet cumulatif des additifs consommés de manière continue sur des années ou des décennies est un vecteur majeur d'augmentation des risques.


Interractions entre différents additifs

Un autre aspect des risques des additifs réside dans les possibilités d’interactions entre différentes substances. A l'instar des interactions qui peuvent exister entre différents médicaments, plusieurs additifs alimentaires peuvent devenir toxiques lorsqu'ils sont combinés.


Compte tenu du nombre d'additifs et de leur omniprésence dans toutes sortes d'aliments, il est impossible d'étudier toutes les combinaisons, et donc de connaître précisément l'ampleur du risque d’interaction. Toutefois, certaines interactions sont connues ; c'est le cas par exemple du colorant « bleu brillant FCF » E133 qui voit sa toxicité multipliée par quatre lorsqu'il est associé au glutamate monosodique E6215.


Additifs alimentaires et nanoparticules

Nanoparticules au microscope électronique, ici des nanocristaux d'oxyde de vanadium (crédit Furmanj)

Actuellement, les nanoparticules présentes dans certains additifs alimentaires sont pointées du doigt. Il s'agit de particules minuscules, dont la taille est inférieure ou égale à 100nm, ce qui est nettement plus petit qu'une cellule humaine. On les trouve notamment dans le dioxyde de titane (TiO2) E171, utilisé comme colorant blanc, ou encore dans le dioxyde de silice (SiO2) E551, un anti-agglomérant.


En raison de leur extrême finesse, les nanoparticules pénètrent en profondeur dans l'organisme puisqu'elles sont capables de traverser les barrières biologiques, y compris la barrière hémato-encéphalique. On observe alors une accumulation des nanoparticules dans les tissus.


Les études montrent de nombreux impacts au niveau des fonctions cérébrales, comme des perturbations de la mémoire et même des effets neurodégénératifs6,7. Les nanoparticules affectent également le système immunitaire, provoquent des inflammations et endommagent l'ADN8. D'autres études suggèrent un effet cancérigène9.


Heureusement, le gouvernement français envisage l'interdiction des nanoparticules de dioxyde de titane, mais n'a pas autorité pour que cette interdiction se propage au niveau européen. Le sujet est à l'étude auprès de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), qui doit rendre sa conclusion en 2019. Quoiqu'il en soit, le problème des nanoparticules ne se résume pas au seul dioxyde de titane, et le sujet est donc loin d'être clos.

Dernière mise à jour : 19/12/2018

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